Les chevilles sont souvent négligées dans l’approche des fonctionnalités du bas du corps, pourtant elles jouent un rôle crucial dans presque tous ces mouvements. Cependant, avant même que les chevilles n’interviennent, ce sont les pieds qui assurent notre premier et unique contact avec le sol, absorbant et transmettant les forces qui se répercutent ensuite sur les chevilles.
Que ce soit pour la marche, la course, le saut ou pour simplement se tenir debout, l’interaction entre les pieds et les chevilles constitue la base qui soutient et propulse tout le corps.
La mobilité et la stabilité des chevilles sont essentielles pour maintenir l’équilibre, répartir efficacement les forces dans les jambes, et prévenir les blessures. Comprendre le fonctionnement de cette articulation clé, identifier les problèmes courants qui peuvent survenir, et adopter des solutions pratiques permet d’améliorer la santé des chevilles et de performer à un niveau élevé.
Sommaire
Anatomie de la Cheville
La cheville est une articulation complexe et robuste qui joue un rôle essentiel dans presque tous les mouvements du bas du corps. Elle est le point de rencontre de plusieurs structures osseuses, musculaires et tendineuses, travaillant ensemble pour fournir à la fois mobilité et stabilité.
C’est une articulation complexe composée d’os, de ligaments, de tendons et de muscles. Les principaux os impliqués sont le tibia et le péroné dans la jambe, et le talus dans le pied. Ces os forment l’articulation de la cheville, qui est stabilisée par plusieurs ligaments, y compris le ligament deltoïde à l’intérieur et les ligaments latéraux à l’extérieur. Le tendon d’Achille, l’un des plus forts du corps, relie les muscles du mollet au talon et joue un rôle crucial dans le mouvement.
La cheville est principalement formée par trois os majeurs :
Le Tibia : le plus grand des deux os de la jambe qui forme la partie interne de l’articulation.
Le Péroné : plus fin, il contribue à stabiliser l’articulation et forme la partie externe de celle-ci.
Le Talus : petit os du pied qui supporte le poids du corps transmis par le tibia et le péroné. Il se trouve au sommet de l’articulation et permet la connexion entre la jambe et le pied.
Ces os sont articulés entre eux par une capsule articulaire, renforcée par plusieurs ligaments essentiels à la stabilité, notamment les ligaments latéraux (ligament talo-fibulaire antérieur, ligament calcanéo-fibulaire, etc.) et le ligament deltoïde à l’intérieur.

La cheville doit équilibrer deux fonctions apparemment opposées : la mobilité et la stabilité.
La mobilité fait référence à la capacité de la cheville à se déplacer librement, en particulier en dorsiflexion (lever le pied vers le haut) et en flexion plantaire (pointer le pied vers le bas). La stabilité, quant à elle, implique de maintenir l’équilibre et le contrôle pendant le mouvement, en particulier lorsqu’une charge est placée sur la cheville.
Ces fonctions sont vitales pour les activités quotidiennes et la performance athlétique, car elles permettent des mouvements fluides et contrôlés et préviennent les blessures.
Mouvements de la Cheville
Pour assurer ces fonctions de mobilité et de stabilité, la cheville doit s’appuyer sur une coordination complexe de plusieurs groupes musculaires et tendineux. Chaque mouvement de la cheville, qu’il s’agisse de lever le pied (dorsiflexion), de l’abaisser (flexion plantaire) ou de l’orienter latéralement (inversion et éversion), résulte de l’action précise de ces muscles et tendons.
Cette synergie musculaire garantit la fluidité et la sécurité des mouvements, essentiels non seulement pour les activités quotidiennes mais aussi pour les performances athlétiques.
La Dorsiflexion :
- Muscles Impliqués :
- Tibial Antérieur,
- Extenseur Long des Orteils et Extenseur Long de l’Hallux : Ces muscles aident à soulever les orteils et à participer à la dorsiflexion du pied.
La Flexion Plantaire :
- Muscles Impliqués :
- Gastrocnémien,
- Soléaire,
- Tibial Postérieur,
- Long Fléchisseur des Orteils et Long Fléchisseur de l’Hallux
L’Inversion :
- Muscles Impliqués :
- Tibial Postérieur,
- Tibial Antérieur
L’Éversion :
- Muscles Impliqués :
- Long et Court Fibulaires (Péroniers)

Ces mouvements permettent à la cheville de s’adapter à différentes surfaces et à soutenir une gamme variée d’activités physiques, de la marche quotidienne à des performances athlétiques de haut niveau. La coordination précise de ces muscles assure non seulement la mobilité mais aussi la protection contre les blessures.
Inclinaisons de la Cheville
La cheville est un composant clé de la chaîne cinétique, qui désigne le système interconnecté de muscles, d’articulations et d’os qui travaillent ensemble pour produire le mouvement.
La position de la cheville peut être classée en trois types : la position neutre, la position tournée vers l’intérieur (supination) et la position tournée vers l’extérieur (pronation).
Position Tournée vers l’Intérieur (Pronation) : Ici, la cheville est inclinée vers l’intérieur, ce qui signifie que le poids du corps est principalement supporté par le bord extérieur du pied. Cette position peut entraîner une sous-pronation, limitant la capacité du pied à absorber les chocs et augmentant le risque de blessures telles que les entorses de la cheville.
Position Neutre : Dans cette position, la cheville est alignée avec le reste du corps, permettant une répartition équilibrée des forces à travers le pied. C’est la position idéale pour une mécanique de mouvement optimale.
Position Tournée vers l’Extérieur (Supination) : Dans cette position, la cheville est tournée vers l’extérieur, provoquant une répartition du poids sur le bord intérieur du pied. Une pronation excessive peut conduire à une sur-pronation, où la voûte plantaire s’effondre, causant des douleurs au pied et au genou, et augmentant également le risque de blessure.

Toute limitation de la mobilité ou de la stabilité de la cheville peut perturber cette chaîne, entraînant des mouvements compensatoires au niveau des genoux, des hanches ou du bas du dos. Cela peut provoquer des déséquilibres, augmenter le risque de blessure, et nuire à la performance globale.
Surpronation
La surpronation est un phénomène courant qui survient lorsque le pied roule excessivement vers l’intérieur lors de la marche ou de la course. Ce mouvement, bien que naturel jusqu’à un certain point, peut devenir problématique lorsque le pied en perd le contrôle, entraînant une surcharge sur les structures de la cheville, des genoux et des hanches.
Pour comprendre comment corriger la surpronation, il faut examiner ses causes et ses conséquences pour obtenir les solutions efficaces afin d’y remédier.
La surpronation peut être causée par plusieurs facteurs :
Faiblesse musculaire :
Une faiblesse des muscles du pied et des muscles stabilisateurs, comme les fessiers, peut entraîner un contrôle inadéquat du pied. Lorsqu’ils sont fatigués ou affaiblis, ils ont du mal à maintenir une position neutre, ce qui favorise la surpronation.
Fatigue musculaire
La fatigue due à des activités répétitives comme la course à pied est également une cause courante. En effet, une étude a montré que 60 minutes de course à pied causent plus de fatigue musculaire et donc plus de surpronation par rapport à 60 minutes de marche.
Mauvais alignement des orteils
Un mauvais alignement des orteils, comme les hallux valgus, peut affaiblir les muscles du pied, rendant la voûte plantaire plus susceptible de s’effondrer et de provoquer une surpronation.

Pour la corriger, une approche globale est nécessaire, incluant des exercices de renforcement musculaire, des ajustements de l’alignement des orteils, et le port de chaussures appropriées.
Supination Excessive
La supination excessive est un phénomène moins fréquent que la
